08.05.2007
Crépuscule
Toujours l’heure est perdue, toujours l’heure est tourment
Dévoreur de vertu à l’estomac gourment
Toujours court le moment, presse l’étau de fer
Malheur omnipotent, sempiternel enfer
Le félin dans la nuit, la gueule salivante
Court vers sa proie qui fuit, prie qu’elle soit vivante
Toujours glisse le vent, vagabonde la mort
Toujours file le temps et mon cœur aura tort
Dans l’eau calme et gracieuse est caché le reptile
Suintant sous les flots, sous la vague tranquille
Il s’écoule en mes vœux, il traque mes pensées
Il maîtrise la faux, contrôle sa lancée
Dans les airs, le rapace étale bien ses serres
Il s’envole fugace et s’abat vers la terre
Toujours me dépassant, plus rapide que moi
Toujours guettant mon sang, la griffe sans émoi
Toujours vogue la mer et la vague écumée
Toujours trotte l’amer en ces soirs exhumés
Et la faucheuse habile enlace ainsi mon cou
Toujours mon cœur fragile est dévasté de coups
L’heure a perdu son court et la vie s’amenuise
L’âme effrayée accourt, les étoiles reluisent,
Et mon cœur te supplie comme il le fait toujours
Et mes genoux se plient comme le fait le jour.
Mais je t’aimerai toujours.
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Transe lucide
Je te vois parmi les foules
Le cœur hurlant, le corps fantôme
Rôdeur des cités vide de l’insouciance
Où ton âme en a mare (en amarre)
Je te vois rois des nostalgies, fou des regrets
Je te vois et je pleure, je prie pour toi
Lorsque tu marches dans la nuit à jamais
Les lampadaires sont si beaux
Je t’observe te parlant tout seul
Combien de riches conversations naquirent
Je te vois souriant malgré toi
Juste parce qu’elle est là
On se calme, on oublie la dernière phrase
Je te vois régissant tes moindres gestes
Pensant la cervelle excitée
Ton corps est si flegmatique
Où est passée ta fougue d’antan?
Mais je vois aussi la lumière intérieure
Que tu fais croître en toi
Car tu n’es pas transparent, mais translucide.
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07.05.2007
Les mots dits
Une larme versée en vapes de saphir.
Une âme désoeuvrée en castes de satire.
Aurai-je enfin le droit de vivre ma jeunesse,
D’allonger mon émoi, d’en faire ma faiblesse?
Être, malgré mes vœux, sans être sur la liste,
Ne serait-ce qu’un peu individualiste?
Je veux donner toujours, mais j’ai peine à avoir.
Je veux oser l’amour malgré ma sombre histoire.
Par respect pour ceux qui ont portés tant de jougs,
Je veux aimer la vie pour ces eaux sur leurs joues.
Mais j’ai le mal de l’homme et de la société,
Je reste figé comme un parfait obsédé.
Pourquoi l’écriture est à ce point négligée,
Dans ce monde défait en train de s’élider?
Sommes-nous si maudits par l’encre de nos plumes,
Pour que tous ces mots dits finissent dans la brume?
Mais si les mots dits, les maux, tuent, les mots tus sont maudits.
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