07.05.2007

Cri artistique

Comme un songe endormi, une esquisse de gypse
Comme un brin d’infini, mon univers s’éclipse
Et ce moment magique échappé de l’horloge
Est un cri artistique évadé de ma gorge

Cette faille du temps, ce droit à l’éternel
Ce joyeux contretemps jamais sempiternel
Est un don de la nue, à ce monde en péril
Où, livrée, l’âme nue, s’arme d’émotions viles

Mais j’ai mon coin de jour, mon espace idyllique
J’ai le puissant recours qu’est le répit lyrique
Cette seconde idée face aux lieux m’entourant
J’ai ce réflexe inné qu’est la rime en tout temps

Et cet ailleurs divin me protège des pieux
D’une vie sans destin, sans aucuns mots de Dieu
J’ai accès au bonheur sans passer par la mort
J’ai un peu de candeur en mes vers pavés d’or.

06.05.2007

La gestion des solubles

Il n'est de question insoluble.
Je fais la gestion des solubles,
Des vers homogènes de l'homme
Aux mille gènes poétiques,
Et des vers de passion éthique
Et tiques des nations ethniques.

Il n'est de pensée indécise.
Toutes mes pensées se précisent
En des grands vers homophoniques
En phrases de l'homme aux folies,
En vers de tragédies lyriques
En une stratégie mystique.

Il n’est de mystères cachés
Ma feuille glisse, erre tachée
De cents éternels mots d’automne
Vœux sempiternels, monotones
Issus de la faux onirique
Déçu de l’art soporifique

Mais il n’a de sève insipide
Je n’ai pas de rêve ainsi vide
De sens en mes vers amoureux
D’essence vermeille, avoue-le
Car mon cœur a aimé la plume
L’art moqueur a neigé la brume

Mais il n’est d’artiste aliéné
Comme il n’a d’art triste acéré
Car il dénonce cons, sangsues
Garni de nom ce consensus
Et meurt comme un fou, sans soucis
Les chœurs communs, coups dans l’oubli

Poème bleu

C’est un mot de bonheur sur la nue des esprits.
C’est une eau de candeur sur le flux de mes cris.

Parfois un pieux soleil,
C’est comme une virgule attachée à son point.
Qu’un bleu sursaut vermeil,
C’est comme une vie nulle en venant à son point.

C’est le plaisir de Dieu se penchant sur nos corps.
Et le désir des cieux et son penchant pour l’or.

Et aux contrées des anges,
On en fait la pratique en élevant la voix.
Le doux chant des archanges,
En est un si magique emmenant à la foi,

Par des chemins d’ivoire enlacés jusqu’au ciel,
Par une belle histoire imbibée de bon miel.

N’est-ce qu’un corps inerte,
N’est-ce que vaine ébauche esquissé de ma plume?
C’est une forte alerte,
N’est-ce qu’un phare gauche éclairant que de brume?

Brume des rêves fous dont les vies se bousculent.
Plume de sève d’où j’extrais mes opuscules.

C’est un poème bleu,
Parfaite métrique et métaphores juteuses.
C’est un bohème vœu,
De son corps étriqué sous les lignes joueuses.

Par un mot de bonheur sur la nue des esprits.
Par une eau de candeur sur le flux de mes cris.

C’est une poésie.