05.05.2007

Le révolutionnaire

Sous le soleil ardent d’un brûlant mois de juin
Un jeune homme criait, mots révolutionnaires :
«Tout le pouvoir au peuple, abat la monarchie,
Car son plan, son idée, n’est que vaine anarchie»
La royauté avait pour lui plein de colère
Car par ses phrases, il en convainquait plus d’un

Alors, une journée quand le soleil fut bas
Il marchait dans la rue sans prétexte précis
Des hommes bien armés vinrent donc l’arrêter
Le lion de la richesse et sa griffe acérée
N’aimaient pas l’attitude et non plus le récit
Par lesquelles leurs mains gagnaient tant de tracas

Et de là commença une histoire sans fin
Il faut l’éliminer mais en faire un procès
Un procès mais pourquoi, il fallait bien trouver
Quel acte ou mot honni pourrait l’incriminer
De façon à poursuivre et avec grand succès
Quel péché pourrait donc accomplir son destin

La nation révoltée prenant l’homme en pitié
Manifestait pour lui du matin jusqu’au soir
Elle avait bien compris tout ce qui se passait
Tout l’abus de pourvoir des hauts rangs la lassait
Et cet être altruiste avait prôné l’espoir
La liberté d’esprit et l’âme purifiée

Mais le règne putride et vraiment corrompu
Qu’exerçait la richesse assoiffée de pouvoir
Trouva un crime pour le faire exécuter
Un jugement donné sans même en discuter
Battu, décapité, oublier dans le noir
Qu’importe la façon il fallait qu’on le tue

Le lendemain matin la foule amoncelée
Devant l’ancien héros devenu criminel
Vit la faux s’élever au-dessus de son cou
Accablée de colère et si frustrée du tout
«Battez-vous pour l’amour, je vous attends au ciel»
S’écria le défunt juste avant de crever

Et ainsi débuta une révolution
Une guerre civile était née en ce jour
Béton baigné de sang et rues en champs de guerre
Enfants juchant les sols, larmes de jeunes mères
La fumée de la mort vit à chaque carrefour
Et nul ne peut contrer sa sale pollution

Juchée au pied du mur la monarchie inquiète
Voit le peuple enragé s’approcher de son but
Et la population, avide de peau riche
Voulait le sang de ceux qui sans gène la trichent
Tombe l’astre solaire et s’obscurci la nue
Au-dessus du royaume élidé en cents miettes

Le palais enfin pris, justice sera faite
On débusque tout ceux qui nous y ont ruinés
Le roi même est trouvé la potence l’attends
Il se bat effrayé par son destin latent
Trouve la moindre force en lui qu’il peut puiser
Mais son combat est vain car ils auront sa tête

Après quelques débats, on le maîtrisera
Et on l’emmènera, humilié face au globe
On lui dit : bientôt tu seras décapité
Alors il répondit, dans un ton paniqué :
« Je ne peux pas mourir, je suis grand, je suis noble»
«Face à l’ampleur du fait, la mort décidera»

Volcan

Gisement d’extase déferle en mon cœur,
Torrent d’idées, de mots.
Château fort des pensées,
Violé d’inspiration.

La-Mi, j’é-cris,
Si-Do, les mots,
De ma tête délabrée.
Je range désordre.

J’écris, je crie.
Je proteste ma folie.
Je protège ma folie.

Je vogue vers ma folle île,
Où vagues vers caressent mes pages,
En un doux bruissement de l’âme.
En un calme chuintement de l’esprit

La syllabe à deux tranchants s’élève
Elle cisaille d’un coup les eaux
Les flots rebelles lorsque humble
Je me soumets à l’art divin

J’entre dans le monde extraterrestre
Des cieux azurés d’écarlate
Car là où la lie prédomine
La pureté est une révolution
C’est ma folie que d’être saint
Un jour…

J’irai là où l’âme mène.
Amen

L’Île vermeille

Une rivière coule,
Les flots en grande stase.
Une rivière saoule,
Titubant d’extase.

Où mène-t-elle?
Qui mène-t-elle?

Une île pleine d’ailes,
Où se trouvent milles merveilles :
L’île vermeille

Flot écarlate aux reflets de saphir
Géant brunâtre aux cheveux d’émeraude
Où cieux d’azur et cerveaux fous s’attirent
À la brunante de la vie, maraudent.

Tant de chemins tortueux d’où forts s’élèvent
Des héros méconnus aux vents présents
Tant de sentiers lumineux d’où se lèvent
Craintes et peurs ancrées profondément

Belles forêts où trouver bons refuges
Vieux marécage où reposer paisible
Calme clairière où s’abattent déluges
Délicieux rivage où l’on ce fait cible

Une île où prédomine l’intérieur
Pour inhiber l’apparence hypocrite
Lieu où la poésie n’a pas demeure
Car en cette île, seul l’âme on récite.